NYC WTC
Mardi 11 septembre 2001

Version intégrale du débat sur le Debord(el) of ... en 17 chapitres

Quitter la page - Leave the page

CHAPITRE X: Réponse àAnarstrige / La coquille Saint-Jacques de la théorie (Tomás Bueno et Omar Wisyam)

Chapitre précédent - Chapitre suivant

Message # : 6404 from Tomás Bueno / Réponse à Ad usum homo contestataire d'Anarstrige / La coquille Saint-Jacques de la théorie

Il m'a été très difficile de commencer à écrire encore sur ce sujet, d'abord parce-que les choses se sont précipitées d'un autre coté, ce qui m'a obligé à m'occuper d'un autre genre de commentaires, et ensuite parce qu'il me semblait que tu pouvais avoir raison en plusieurs points, ce qui me paralyse un peu: je n'aime pas qu'on m'oblige à me redire.
Mais non, je n'aurai pas à commettre cette violence contre moi-même. On peut accumuler citations sur citations sans rien dire de concrèt, en appeler à l'authorité d'autrui pour éviter de se prononcer clairement sur un sujet difficile; et en fait, la manière la plus facile et sûre d'avoir raison c'est de ne rien dire. Après tes sept pages, il est toujours possible de te poser la question: que penses-tu de tout ça? A part une approbation voilée d'un acte dont tu te gardes bien de juger les origines et les débouchés possibles, il n'y a rien dans tout ce que tu dis de ce qui nous intéresse: nous sommes sûrement devant un tournant; que va-t-on faire?
J'ai dit qu'il n'est pas important de savoir *qui* a commis l'attentat contre le WTC, mais de savoir ce qu'il va se passer *après*. Fidèle aux normes du "débat" dans ces forums de mes deux, tu l'ignores complètement et tu insistes quand même en vouloir affirmer que j'aurais dit que l'attentat serait l'oeuvre d'un service secret quelconque, comme si c'était ça l'important dans ce que j'ai dit. (Et, à propos, quand tu m'as cité, tu as très convenablement exclu mon troisième exemple, celui de l'assassinat de l'archiduc, qui à mon avis est justement celui qui a le plus de points de coïncidence avec le cas présent, aussi dans ses résultats, mais qui n'était pas bon pour ton argumentation; enfin, passons.) Je vais donc essayer d'être le plus didactique possible, pour ne pas laisser des doutes à propos de ce que je pense, et pour qu'on puisse passer à des choses plus importantes. Je pense que la possibilité des services secrets n'est pas à exclure, mais je la trouve très improbable, presque impossible: *aucun* service secret au monde aurait la capacité de maintenir secrète une conspiration de ce genre. Mais il est tout aussi improbable que ça ait été l'oeuvre d'un groupuscule comme celui de Ben Laden, constitué d'ex-collaborateurs américains et sûrement infiltré de tous les cotés. Ridicule. Donc, ou bien Ben Laden n'y est pour rien (ce qui est confirmé par la façon dont on essaie de l'inculper sans aucune preuve et dont il essaie d'en profiter sans se compromettre), ou bien c'est lui le responsable -- et en ce cas on le savait à l'avance, et on l'a laissé faire. Quoiqu'il en soit, le résultat est le même: dire (ou, dans ton cas, même pas dire, mais laisser entendre) que l'attentat peut avoir une origine "bien intentionnée" est faire preuve d'une crédulité sans bornes. Et dans les deux cas, une logique très simple pointe vers une conspiration, comme tu dis, "endogène". Parce-que tu seras sûrement d'accord avec moi au moins sur l'existence d'une conspiration, ou non? Ou bien ta critique de la "logique marchande" te pousse à une horreur de toute logique? Peut-être penses-tu que ceux qui ont lancé les avions contre les tours se sont rencontrés par hasard et ont décidé sur-le-champ de le faire?
Coupons court: je pense que l'attentat a été commis par un groupe, très utilement constitué d'arabes et de musulmans recrutés dans les camps et les bidonvilles du Moyen Orient, manipulé par un autre groupe de conspirateurs, afin d'obtenir une situation de conflit ouvert contre l'ennemi de choix, qu'ils peuvent ou non voir comme un ennemi véritable; situation que d'autres "conspirateurs", ceux-là d'une espèce bien différente, ont immédiatement mise à profit pour avoir exactement ce que l'on a devant nous.
+++++++
Rions en passant de tes exemples de terrorisme "révolutionnaire". Tu profites bien de la confusion sur ce qui serait le "terrorisme". Les "rêveurs de l'absolu" ont certes joué un rôle dans les événements qui ont conduit trente ans après à la prise du pouvoir par les bolchéviques (faut-il le rappeler, *contre* les soviets), mais certainement ce rôle n'était pas déterminant. Ils ont tout au plus renforcé la position des courants autoritaires dans le mouvement révolutionnaire russe. Les franc-tireurs français et les anarchistes espagnols étaient en guerre, et leurs attentats étaient contre des forces *militaires*, ou même contre des "fils de pute" qualifiés comme les prêtres et les policiers, pas contre des "fils de pute" anonymes(1). Quant aux "innombrables factions néo-marxistes d'Amérique Latine et d'Afrique" et à "certaines franges d'E.T.A. ou du F.P.L.P." (et pourquoi cette injustice contre l'IRA?), veux-tu vraiment que je gaspille notre temps pour te dire ce que j'en pense?
Quand je parle de "terrorisme", je suis clair: je parle de tout groupe qui s'*approprie* de *ma* violence, et donc l'usurpe, pour l'utiliser à ses propres fins de conquête du pouvoir d'Etat. Et ici il n'y a pas de rémission possible: quelles que soient les intentions des individus qui les composent, ces groupes sont *toujours* contre-révolutionnaires. Ils sont donc, de ce seul fait, l'ennemi. En plus, quand ils ne sont pas directement manipulés, leurs actions sont toujours utilisées par l'ennemi plus "visible". Aucune bergerette romantique sur la beauté de la violence ne peut faire oublier ce fait simple de la vie.
+++++++
Qu'ai-je fait sinon "énoncer clairement les possibilités pratiques de la pensée radicale"? Penses-tu vraiment qu'un tel énoncé puisse se faire *en théorie*? J'ai utilisé les instruments dont je disposais pour faire une analyse de la situation présente, j'ai tout mis en oeuvre pour faire corroborer ces instruments à la pratique, et j'ai jugé bon faire un appel à l'action, parce-que je suis convaincu que le moment l'exige. Et que sais-tu de la réalité démontrable de mon engagement ou des risques que je prends? Et que sais-je de ta prise sur les évènements? La tienne et celle de toute cette marmaille qui joue ici aux subversifs anonymes, quand n'importe quel apprenti flic sait qu'il suffit de vouloir savoir qui se cache derrière un pseudonyme internet pour avoir jusque la couleur de son slip?(2) Certes, toi qui ne risque pas la tartufferie ni rien d'autre ne fais pas des appels. Que fais-tu, au fait, à part contempler l'intransigeance critique, c'est-à-dire commenter la pensée radicale? Que font tous ceux qui se pavanent ici, ceux qui ont laissé passer l'Albanie sans piper mot et qui allaient laisser passer le WTC avec un petit sourire de satisfaction pour la mort des "fils de pute"?
+++++++
Qui a l'intention de sauver le monde? Je ne veux sauver que moi-même. Et si tu ne vois aucune définition de la "vie pleine" dans ma citation, je ne vois pas non plus dans ce que tu écris une définition de "métaphysique" qui ne soit pas la même vieille soupe anti-rationaliste si chère à l'obscurantisme dominant. Je ne sais rien de la théorie de l'aura de Benjamin, elle est peut-être intéressante en soi, mais parfaitement inutile pour ce qui m'intéresse. Entre Debord qui se baudrillardise dans le "simulacre" et Benjamin qui s'occupe de l'aura, je ne peux que penser qu'il y en a qui méritent le suicide. Je n'ai pas "peur de l'indicible caché derrière la peur du mysticisme": simplement, *ça ne m'intéresse pas*. Ou bien, ça m'intéresse dans la même mesure que l'histoire de la tapisserie orientale, c'est très utile pour ne pas se faire remarquer comme ignorant quand on est chez les tapissiers. De Saint-Germain à Sri Bhaktivedanta Prabhupanda, en passant par Mesmer, Raspoutine, Madame Blavatsky, Gourdjeff, les nazis, les hippies et les habitués de La Table Emeraude à la Rue de la Harpe, la "quête métaphysique" a toujours été en très bonne compagnie. Je te la laisse.
+++++++
Où finit la critique du "rationalisme marchand" et commence l'abandon de la raison?(
3) Qu'est-ce qu'un "positiviste"? Et, à propos de platitudes, quand le spectacle a-t-il été autre chose que "le stade suprême de l'abstraction" de son époque? Qu'y a-t-il de nouveau dans la diatribe anti-science du littérateur Bounan?
A quoi sert la théorie?
Et puisque tu me poses la question, réponds-la toi-même: que se passera-t-il après la révolte?
+++++++
La définition de spectaculaire integré qui t'impressione tant n'est qu'une liste *des effets* du spectacle, ou, si tu veux, de ses manifestations. Debord aurait pu y mettre également la dégradation de la qualité de la tarte aux pommes de MacDonald's sans rien changer à sa qualité. Ce n'est qu'une régression par rapport à ce que Debord en disait avant de faire naufrage dans une bouteille, qui a fait figure de nouveauté parce que ça venait de la bouche de la vieille éponge elle-même. Et il n'est pas nécessaire d'être un archétype d'anti-debordiste adroit pour connaître le rôle de l'autorité dans ce monde. La question, comme toujours, n'est pas le *quoi*, mais le *comment*. C'est pour ça, d'ailleurs, que je n'ai pas besoin de "prouver" l'existence du spectacle à personne, surtout pas à un certain Voyer, saint patron des théorisateurs. Le concept me sert, voilà tout. Je m'en sers. Il est utile, il aide à percer certains voiles. Si tu as un outil plus efficace, fais-moi savoir. Ou alors fous-moi la paix avec tes vents de supériorité morale sans moyens.
Dans ta vie protégée d'illuminé radical, avec une ou deux vitrines à défoncer de temps en temps, tu ne peux que voir l'histoire et la vie pleine comme un stade. Tu as donc raison de te poser des questions sur ce qui peut se passer après la révolte. La vie pleine, mon cher Anarstrige, c'est faire sa propre histoire, c'est justement faire son mieux pour sortir du "présent perpétuel" de la préhistoire. Tu n'es bien sûr pas convaincu que ce soit possible, ça se voit, et c'est compréhensible quand on mesure l'étendue et la profondeur d'un mouvement par le nombre de ses morts. Si tu avais été avec les ouvriers révolutionnaires chiliens dans les conseils des cordones industriales contre qui le coup d'état a été fait et dont même la mémoire a été effacée, ou encore avec eux dans les combats désespérés contre l'armée et l'aviation chiliennes dans les rues de Santiago (si tu aimes compter des morts, tu n'aurais pas dû rater ça)(4), si tu avais fait partie d'un colletivo romain avant qu'ils ne soient *tous* vidés et étouffés par les mouvements de "lutte armée" dont tu fais l'éloge et par le déluge d'héroïne dans les rues des villes italiennes, si tu avais vu les soldats et ouvriers portugais marchant armés sous les drapeaux rouges dans les rues de Lisbonne, où il était impossible d'avoir une petite discussion privée avec ta femme dans la rue sans avoir vingt personnes ivres de vie publique prenant parti de chaque coté deux minutes après, si tu avais témoigné l'occupation de la capitale de Oaxaca au Mexique par les paysans, si jamais, enfin, tu étais sorti un peu de la coquille métaphysique d'o&uagrave; tu mènes tes quêtes, tu verrais que les gens saisissent avec entrain l'occasion de prendre leurs vies en main, quand elle se présente. Si ce qu'elles en font n'est pas à ton avis suffisament exhaustif, tout le monde s'en fiche. Les gens le feront quand-même encore et encore et encore. Un jour il y aura peut-être un après, qui le sait. On verra alors ce qu'on en va faire.
Va vivre un peu, Anarstrige, et épargne moi tes arguments de la bonne pensée ultra-debordienne.
+++++++
J'ai été en prison plusieurs fois, presque toujours pour des raisons, disons, peu "nobles". C'est à dire, pour vol, vagabondage, destruction de la propriété publique, lésions corporelles, possession de substances illicites, possession de fausse monnaie et même une fois, au Chili du temps d'Allende, parce qu'un "carabinero" de Valparaiso m'a trouvé "sospechoso" -- et encore une autre fois, à Talavera de la Reina en Espagne, je m'y suis rendu moi-même parce qu'il faisait froid et je n'avais pas où dormir. La dernière fois, mes dix-neuf semaines de vacances à Matupá, était due à une affaire mal expliquée d'une partie de bois qui n'avait pas de propriétaire visible, mais mes avocats ont réussi à l'expliquer mieux dans leur plaidoyer. J'y ai été aussi, si tu y tiens, pour de "bonnes" raisons, au Chili, au Portugal, en Angleterre (où ils ont cru que j'étais terroriste parce que j'avais vécu en Italie avec Lori, la soeur de Franca Salerno (demande à Omar, il peut savoir qui c'est), et j'avais des livres situationnistes dans mon bagage: ça m'a valu deux mois de prison domiciliaire dans un squat anarchiste près de Euston Station où habitait ma soeur, trois semaines dans la prison de Pentonville, une interdiction de séjour, une déportation au Brésil et dix jours à l'"hôtel pour exilés de retour" de la police fédérale brésilienne à Rio -- en voilà pour la périculosité des écrits situationnistes, et pour la perspicacité de la police de sa Majesté). Si j'ai parlé de prison dans ma réponse, c'était pour souligner ce que je pense de la situation. Merci quand-même de ta considération.
+++++++
Et, pour finir, une autre citation: "Nous sommes l'humanité, nous sommes la volonté contre le destin, la raison contre la loi, la liberté contre la barbarie. Nous sommes la vie contre la mort." (JM à TB, juillet de 1999)

Tomás Bueno
Pirenópolis, 15/10/01
_____________________
Notes
(1) Va relire les journaux: le premier avion s'est écrasé contre la tour sud à 08:40 hs. Remember "nine to five"? Quiconque ne profite pas d'une occasion comme ça pour ne pas se faire voir au boulot mérite la mort, mais pour stupidité, pas pour fils-de-puterie. Comme l'histoire du chef de sécurité des tours, qui a décidé de monter dans son bureau au 87-ème étage de la tour nord à 09:15 hs, *contre l'avis* des autres flics qui travaillaient avec lui, parce qu'à cette heure-là on savait déjà que l'effrondrement de la tour sud était possible, et l'évacuation des deux tours avait déjà été ordonnée. Ceux qui étaient dans les tours *avant* le premier avion y étaient parce que leur horaire de travail commençait avant neuf heures. Devine qui? (Et aussi, mais je pense que dans ce cas il s'agit plutôt d'ignorance, l'avion du Pentagone s'est ecrasé contre une aile en réforme, où il n'y avait que des ouvriers du bâtiment et des employés subalternes, et *aucun* officier supérieur; mais c'était néanmoins une coïncidence très "fortunée". On en a parlé dans la presse américaine dans les premiers deux, trois jours après l'attentat, et *plus jamais* depuis.)
(Note de la note): Les "preuves" circonstancielles en faveur de l'"endogenèse" sont aussi nombreuses et "concrètes" que celles qui ont été présentées publiquement contre Ben Laden. En dehors de la Première Guerre Mondiale -- encore l'archiduc! -- a-t-on jamais entendu parler de "preuves secrètes" pour justifier le bombardement d'un pays? (Je pense que le suivant s'est passé: Bush et les autorités américaines ont tout d'abord cru sincèrement que Ben Laden était le responsable des attentats; en bons américains démocratiques, ils ont ordonnée une investigation, qui a très rapidement pointé vers une conspiration interne (McVeigh rides again!): "merde, et maintenant, qu'est-ce qu'on va faire? On a déjà dit à tout le monde que le coupable était le bougnoule! Quelqu'un, vite, téléphone à Blair et à Chirac pour leur dire qu'ils ne vont pas aimer les preuves qu'ils font semblant d'exiger. Dites-leur qu'on a des preuves secrètes et qu'ils ferment leur gueule. Transfèrez au bureau du FBI à Desperate Point en Alaska ce fouinard qui ne sait pas chercher des preuves où on lui dit de les chercher et dites-lui de la boucler ou alors. Et bombardez-moi l'Afghanistan ASAP, faites-moi ce plaisir.)
Veux-tu savoir comment on fait pour maintenir secrète une conspiration interne? C'est facile: deux ou trois millionaires fondamentalistes américains pour concevoir et financer l'opération, un ou deux agents comme ceux qu'on a trouvé par douzaines dans l'affaire Iran-Contras, un Palestinien pour le faire passer comme "envoyé" du Hamas ou de la Jihad Islamique ou de l'Al-Qaeda et trente pauvres diables des camps de la Cisjordanie choisis pour une "mission spéciale". Et voilà, boum! Sauf les trois ou quatre du début, tous les autres sont morts. Par contre, si quelqu'un de l'Al-Qaeda essaie d'obtenir un faux passeport, le Mossad le sait deux heures après, la CIA l'apprend le lendemain et la police d'Arafat le lit dans le rapport hebdomadaire que lui envoie le Mossad. Retour au texte.

(2) Si tu ne me crois pas sur parole, lis, entre autres, "Incident Response: Investigating Computer Crime", de Kevin Mandia et Chris Prosise, Osborne/McGraw-Hill, San Francisco, 2001, entre autres. Et, à propos, la Chambre des Députés française a-t-elle déjà profité de l'attentat pour approuver l'implantation de la phase 2 du Vigipirate? Ah, oui? Why am I not surprised? Retour au texte.

(3) L'usage de la raison suppose la présence de la volonté, de l'intention. Il suppose une direction, une fin à atteindre. Parler d'un "rationalisme marchand" est une sottise animiste, le comble du fétichisme: il n'y a pas de raison dans le mouvement autonome de la marchandise, il n'y a que des lois. Ceux qui s'y adaptent survivent et prospèrent. Les autres périssent. (C'est la sélection naturelle des bourgeois! Les bourgeois ne sont que des pauvres bêtes! Et, surprise: nous sommes encore plus bêtes qu'eux, puisqu'ils ont toujours raison contre nous!) Le monde de la marchandise n'est donc pas celui de la raison, mais le monde de l'irraison, le monde naturel où l'homme n'est qu'un animal de plus, le monde économique où la femme n'est qu'une porteuse de marchandises de plus. Il n'a de la raison et de la volonté que leur spectacle, il est le sommeil de la raison, et la fausse conscience mystique n'est qu'un des monstres qu'il engendre. Nous serons le parti de la raison, de la volonté, de la liberté, enfin de l'humanité contre la jungle marchande, ou nous serons des pauvres idiots romantiques tournant en rond dans la nuit éternelle de la préhistoire moderne, encore plus remplie de terreurs et de mystères que celle des Cro-Magnon. Retour au texte.

(4) J'ai des raisons personnelles pour applaudir ce qui s'est passé dans le WTC: exactement 28 ans avant, le 11 septembre 1973, vers une heure de l'après-midi, Lina Garcez belle et sauvage est morte au coin d'Irrarázabal and Vicuna Mackenna, tuée par une balle dans le foie après avoir fait sauter en l'air un bus avec vingt carabineros. Ses derniers mots, se sachant vaincue et regardant la fumée qui montait d'une usine bombardée, ont été "mejor estar muerta" -- il vaut mieux être morte. Avec elle, des milliers d'autres hommes et femmes sont morts dans tout le Chili pour défendre ce qu'ils voyaient comme leur chance à une vie pleine. L'argent et la volonté et le monde qui ont bâti le WTC sont les mêmes qui ont tué Lina et tous les autres, au Chili ou ailleurs, et tous ceux qui sont morts pour la deuxième fois dans l'attentat ne valent pas un seul d'eux, qui étaient vivants et luttaient pour la vie. Pour elle, pour les six camarades qui sont restés avec moi pendant deux jours jusqu'à l'ordre de repli, pour les onze seuls survivants des 450 ouvriers de l'usine Marchetti, qui nous ont sauvé la vie en nous prévenant que l'armée ne livrait pas combat mais faisait appel à l'aviation quand il y avait de la résistance, pour mon frère le poète brésilien Nilton Rosa qui est mort avec une balle .22 dans la tête trois mois avant le coup d'état dans un affrontement de rue avec des militants de l'organisation fasciste "Patria y Libertad", pour les vingt-trois ouvriers imprimeurs, mes compagnons de travail, qui sont morts pour défendre les presses du journal "Aurora de Chile", pour ceux qui m'ont accueilli à Rinihue six jours plus tard au risque de leur propre vie quand tout était perdu et dont je ne sais même pas les noms, pour mon espoir d'un jour prouver à Lina qu'elle n'avait pas raison, je ne permettrai que personne, surtout pas un spectateur dilettante de la révolte qui ne sait pas quoi en faire, me parle des causes de ma souffrance. Je ne souffre pas, je vis. Retour au texte.
10/15/2001 09:40:46

Haut de la page - Top of the page - Quitter la page - Leave the page

Message #: 2561 from Omar Wisyam / Reply To #: 6404 / Re: Réponse à Anarstrige
Io non sono Anarstrige, ma io posso leggere, come tutti, il tuo messaggio, Tomas. Mi sembra che il tuo messaggio, sia, finora, il più interessante da quando è nato il "Debord(el)".
Non esiste un terrorismo buono, e su questo siamo d'accordo, e mi auguro che non ci siano più dubbi sull'argomento.
La politica giustifica il terrorismo e il terrorismo giustifica la politica. D'altronde le guerre non sono più convenzionali e il terrorismo e il controterrorismo legale sono forme di una guerra con le quali non dobbiamo avere alcun rapporto.
La cospirazione non è sempre necessaria, almeno nelle forme che un'immaginazione da cinematografo ha divulgato nel nostro immaginario. D'altronde in tutta la politica, in qualche modo, non è difficile misurare la frequenza delle cospirazioni.
Più tutto quanto è mediato dalle immagini, e diventa apparentemente trasparente, più l'essenziale deve, per continuare ad essere essenziale, nascondersi alla vista del pubblico. Il segreto non è sempre frutto di cospirazione, ma non è conoscibile. Sul momento non è visibile, ma dopo sarà sicuramente visibile.
E' molto bello anche quello che scrivi sulla necessità di vivere una vita decente.
Ciao.
10/17/2001 06:33:34

Haut de la page - Top of the page


Retour à la page précédente - Return to the preceding page.
Index de la version intégrale
CHAPITRE I: Petite désillusion (Anarstrige du coulée et Anonymous)
CHAPITRE II: Request for comments (Tomás Rosa Bueno,*** et Anonymous)
CHAPITRE III: Mise au point (Tomás Bueno, Omar Wisyam, Anonymous, Anarstrige du coulée, *** et d'autres)
CHAPITRE IV: Publicité (Institut de Préhistoire contemporaine, Anonymous, Pavlov et son toutou)
CHAPITRE V: The Reichstag is burning again (Contemporary Prehistory Institute)
CHAPITRE VI: Le protocole des sages de Sion, version 2001.fbi (Coline Ascao)
CHAPITRE VII: Une explication en trois mouvements suivie d'un conseil, pour *** (Tomás Bueno et ***)
CHAPITRE VIII: Le Reichstag brûle à nouveau (Institut de Préhistoire contemporaine, Anarstrige du coulée, Omar Wisyam, *** et quelques autres)
CHAPITRE IX: Police get vast power of arrest (Tomás Bueno, *** et d'autres)
CHAPITRE X: Réponse à Anarstrige / La coquille Saint-Jacques de la théorie (Tomás Bueno et Omar Wisyam)
CHAPITRE XI: Senate Bill on Surveillance Has Broad Support (Tomás Bueno, ***, Anonymous et quelques autres)
CHAPITRE XII: Le tartuffe dans la vitrine / A propos des commentaires d'Anarstrige (Tomás Bueno, Anarstrige du coulée, Anonymous, *** et alt.)
CHAPITRE XIII: L'étourdi Bueno et sa dialectique burlesque (Anarstrige du coulée et Anonymous)
CHAPITRE XIV: Le Grand Khan lit avec attention un manuscrit chinois - pour le vaillant Anarstrige (Tomás Rosa Bueno et Anonymous)
CHAPITRE XV: Une question (et une précision) pour Anarstrige (Xavier Lucarno, Anarstrige du coulée)
CHAPITRE XVI: Merci Pinochet de nous avoir débarassé d'ALLENDE (Anonymous et Guy Debord himself)
CHAPITRE XVII: Épilogue de la discussion avec Bueno autour des évènements du 11 septembre 2001 (Anarstrige du coulée et FC)
EN GUISE DE POSTFACE (Le porte-plume - aka Tomás Bueno, Anonymous, ***, Coline Ascao et Omar Wisyam)
Textes de base du débat
NYC WTC, Ben, 11 septembre 2001.
The Reichstag is burning again!, Institut de Préhistoire Contemporaine (redivivus), 25 septembre 2001.
Le Reichstag brûle à nouveau! (Version française du texte "The Reichstag is burning again!").
Ad usum homo contestataire, Anarstrige du Coulée, 1 octobre 2001.
Index de NYC WTC, mardi 11 septembre 2001 / Version intégrale.
Archives du Debord of Directors.

Haut de la page - Top of the page


Page d'accueil du site - Welcome page.
Plan du site - Map of the site.
Chercher sur le site ou sur le Web - Search the site or the Web.
Traduction - Translation - Ubersetzung - Vertaling - Traduzione - Traducción.

Haut de la page - Top of the page


Ecrire à Franck Einstein - Write to Franck Einstein.
ICQ: 46952896

Haut de la page - Top of the page