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CHAPITRE XII: LE TARTUFFE DANS LA VITRINE / A PROPOS DES COMMENTAIRES D'ANARSTRIGE (Tomás Bueno, Anarstrige du coulée, Anonymous, *** et alt.
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Message #: 9800 from Tomás Bueno / LE TARTUFFE DANS LA VITRINE - A PROPOS DES COMMENTAIRES D'ANARSTRIGE [Ce texte est un complément à la précédente réponse de Tomás Bueno, "La coquille Saint-Jacques de la théorie" aux commentaires d'Anarstrige, "Ad usum homo contestataire"]
Ceux qui crient au "debordisme" crachent dans l'assiette où ils mangent. Ils adoptent le style, la démarche, le vocabulaire et les thèses de Debord, ils se pavanent dans un Bulletin Board qui a pour nom le titre d'un film de Debord, mais ils se targuent de l'avoir "dépassé". Ils se croient l'esprit de leur temps, la crème de l'histoire, mais ne sont au fond que des hypocrites adeptes de l'idéologie du dépassement à tout prix: l'important, pour eux, n'est pas de comprendre le monde où l'on vit pour essayer de lui nuire, mais dépasser quelqu'un: Voyer dépasse Debord, les otistes [Observatoire de téléologie]dépassent Voyer. Et maintenant, la nouvelle vague de "théoriciens" de deux sous veut dépasser les otistes. Et en fait ils les dépassent, dans la prétention, la mystification et la connerie toute simple. "Debordiste!", ils gueulent. "Voyeriste!", ajoutent les ultra-voyeristes. Malheureusement pour eux, malgré ses très grandes insuffisances (s'il n'avait pas eu d'insuffisances, on n'aurait pas besoin de gaspiller notre temps comme ça, n'est-ce pas?), il n'y aura pas d'autre Debord. Le "principe du monde" que ces Alfa-Romeo de la théorie recherchent avec une soif toute alchimique existe déjà, et c'est le concept de spectacle, certainement insuffisant, mais nécessaire.
J'ai dit voilà plus de trois ans que je ne veux pas être un théoricien. Tout ce que je veux, c'est avoir un minimum de compréhension de ce qui se passe autour de moi. Je ne prends de Debord et des situationnistes que ce qui sert à cette fin, et la phrase mise en épigraphe du texte sur le WTC était parfaite pour l'occasion. Ce n'est pas ma faute qu'il n'y ait pas actuellement beaucoup à prendre ailleurs. J'ai été parmi les premiers, d'après ce que je sais, à critiquer Debord pour son conspirationnisme, non pas du point de vue rétrograde de la défense d'une quelconque authenticité dans les mouvements terroristes, que je connais de très près (je n'ai pas eu besoin de Sanguinetti pour savoir ce qu'étaient les groupes de Lotta armata en Italie, quand je l'ai connu à Lisbonne en 75 j'avais déjà été chassé de Rome par les gens du NAP pour dire exactement ce qu'il a dit avec beaucoup plus de style et de fondement dans le Rapport véridique, et c'est lui qui m'a donné le premier livre situationniste que j'ai lu; c'était, ô ironie, le texte de Voyer sur Reich. J'ai aussi à l'occasion lu et traduit en portugais "Il Reichstag bruscia", nous voilà qui tournons en rond), mais au nom d'un minimum de cohérence avec ce que Debord lui-même avait dit vingt ans avant. Et je m'en fous solennellement de ce qu'a pu penser et dire en 1993 cette TV-star à la cervelle piclée [?] en alcool.
L'auteur de cette réponse, au contraire de moi, va jusqu'au bout de son raisonnement. Quant à moi, je n'y suis pas encore arrivé. Le fait qu'il dise n'importe quoi dit tout sur sa capacité de compréhension du texte écrit, aussi longue que son raisonnement. La manière dont il pose le problème exige que je commence à lui répondre par des questions: sur quelle réalité devrais-je reposer mon appel à l'action, sauf la nécessité que j'estime être imposée par le moment, pour que ce ne soit pas une tartufferie? Quels sont les exemples internationaux d'utilisation réellement révolutionnaire du "terrorisme"? Quelle est l'âge minimum pour ne pas être simpliste?
Nulle part, je n'ai dit que l'attentat contre le WTC serait l'oeuvre du CIA ou du Mossad. Le Reichstag n'a pas besoin de la main nazie pour brûler, surtout pas de nos jours. Le spectacle produit lui-même les événements dont il a besoin, bien sûr, je l'ai dit moi-même plus d'une fois; mais pour ça il a besoin d'executants: les marchandises ne vont pas toutes seules au marché, ni les avions volent tout seuls pour s'écraser dans les buildings. Que ce soient des martyrs musulmans ou des desperados des camps de Gaza manipulés par un groupe quelconque n'a aucune importance pour mon argument. Tout comme il n'est pas important de savoir si la conspiration bien réelle qui aboutit dans l'effrondement des deux tours a été fomenté par l'extrême droite américaine ou par l'extrême droite ben ladenienne. Tout ce qui nous intéresse, en ce moment, est savoir ce qu'on en va faire. Et j'affirme que les intentions de ceux qui vont en profiter pour faire avancer leurs projets ne sont pas favorables au bel et pur immobilisme théoriste. Et je réaffirme qu'il faut s'y opposer avec tous nos moyens. Ce n'est pas en pleurnichant sur la pauvreté de nos moyens que l'on va échapper à la prison. Les deux mille personnes de courage qui sont descendues dans les rues de Washington le 17 septembre, en plein milieu de l'hystérie militariste, pour protester contre la guerre, le terrorisme et *la propriété* ne sont certainement pas des parfaits théoriciens hyper-ultra-post-situationnistes qui ont dépassé tout le monde, mais elles ne sont pas non plus pauvres de moyens.
Certes, les Etats-Unis peuvent bombarder qui ils veulent quand ils le voudront, comme d'ailleurs ils ont fait en plus d'une occasion et comme en témoignent les petits jaunes du Vietnam et les bougnoles irakiens. Si l'intention de ceux qui vont profiter de l'horreur new-yorkaise était aussi simple que ça, ils n'auraient certainement pas besoin de faire ou de laisser tuer six mille de leurs propres esclaves pour le faire (à propos, il faut en finir avec ce sarcasme complaisant sur les "fils de pute" qui seraient morts dans le WTC: si cette distinction est vraiment importante pour vous, la plupart de ceux qui y étaient au moment de l'attentat étaient des employés subalternes ou même des pauvres diables cucarachas des services de nettoyage - il y a des limites qu'il ne faut pas franchir, même dans la connerie). Ce qu'ils veulent, ils ont déjà commencé à l'avoir: ils veulent 175 milliards de dollars de l'argent de la sécurité sociale pour injecter dans des compagnies privées, ils veulent trouver des "marchés" pour leur industrie d'armements. Mais surtout, ils veulent décrèter l'état de siège contre les émeutes des Noirs à Cincinnati et à Philadelphie ou ailleurs, ils veulent mettre les grèvistes brésiliens en prison au nom du besoin d'ordre, dissoudre par balles les manifestations en Italie sans que la presse s'en mêle, ils veulent faire passer les lois répressives dont pour un temps ils ont cru ne plus avoir besoin, ils veulent commencer une chasse aux sorcières à l'échelle mondiale. Ils veulent que leurs ministres de finances puissent se rencontrer en paix. Et il ne sert à rien de dire que le capitalisme doit forcément être "démocratique" et qu'à la longue ces sursauts fascisants sont voués à l'échec; je ne vais pas vivre assez longtemps pour voir la fin de celui-ci, et je risque de finir mes jours en tôle ou caché (ou muet de peur) si je ne fais tout ce que je peux pour l'éviter - y compris risquer la "tartufferie".
L'écart entre ce qui se dit et se montre et la réalité de la vie de tous est si grand, le mensonge est tellement fragile, que le spectacle ne peut plus tolérer *aucune* opposition qui ne soit pas choisie par lui. Les auteurs de l'attentat contre le WTC, soient-ils arabes, chinois, sénégalais ou américains, ont fourni à l'ennemi l'ennemi dont il avait besoin. Et il va profiter du cadeau tombé du ciel pour chasser celui qui lui fait peur, ou du moins qui fait peur à ses agents: nous. Si nous sommes ou non en mesure de lui nuire n'est pas la question ici. La question est ce qu'il en pense.
L'auteur de cette réponse, qui a sûrement été plus jeune, finit avec une apologie de la mort romantique, ce qui n'est pas sans raison. J'ai probablement la même âge que lui, mais heureusement j'ai toujours vécu loin de la mort dont il parle, et donc je suis bien loin d'être aussi vieux que lui. Il parle aussi d'une certaine quête métaphysique qui serait inhérente à l'homme et la seule prise de conscience "révolutionnaire". Je me permets ici de citer moi-même, dans un passage d'une lettre écrite en 1997 à quelqu'un qui à l'époque était mon ami (la correspondance complète se trouve à http://absoluto.multimania.com/dox/corresp.html [en plus court Absoluto):
«Il n'y a pas de riches dans ce bon vieux monde gentil et sympathique, la richesse n'est qu'une possibilité définie in absentia par la misère, toujours présente, mais jamais réalisée. Il faut définir cette misère pour avoir les mesures de la richesse - ou, contrairement, définir ce que l'on veut pour savoir ce que l'on n'a pas. Le mouvement autonome de la marchandise, menant la guerre pour soi-même, régit le monde, et ceux qui croient le contrôler ne font qu'obéir à ses lois. Ce monde est bien celui de l'aliénation du monde et l'on ne le vit qu'à travers l'aliénation; et le chemin de la désaliénation est précisement celui de l'aliénation. La misère ne laisse à personne de niches cachés de qualité et il faut l'annihiler pour aboutir à la vie pleine; et, pour le faire, la condition nécessaire et suffisante est de faire la publicité de la misère, la montrer pour ce qu'elle est, ce qui nous cache de nous-mêmes, un obstacle à la vraie richesse. Ce que les gens vrais, et toi et moi, font et désirent dans le monde tel qu'il est, nous le savons, c'est la richesse - et le spectacle est bien ce qui leur dit partout et à tous les moments qu'elle est juste un peu plus loin, à portée de la main, que tout ce qu'il faut c'est besogner un peu plus. Donc, et là nous sommes presque d'accord, il faut considérer le monde et l'homme non à partir de la misère, mais de l'absence totale et absolue de richesse dans le monde, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
«S'il y avait la moindre possibilité de richesse présente, immédiate, l'on n'aurait pas des raisons pour se révolter. La seule richesse possible est la révolte elle-même. Je crois que tout essai de s'éloigner de ce point de vue est extrêmement dangereux, et peut conduire, en fin de compte, au solipsisme et au mysticisme.»
J'avais raison, comme on peut voir. Je ne crois pas qu'Anarstrige va finir comme Tony "Biorythme" Verlaan, missionaire chrétien au Panamá. Mais il n'est déjà pas loin de Norman Brown. Et avec ceux-là, comme avec les zozos d'une autre quête mystique qui s'abritent à l'Observatoire de Téléologie, il ne vaut pas la peine de discuter.
+++
Pour finir, une petite note un peu plus personnelle: Anarstrige, je n'ai jamais fait beaucoup attention à tes écrits, ici ou dans le Debordoff, comme je n'ai pas fait attention à tous ceux qui pendant des semaines ont débité des conneries plus ou moins mystiques sur Gödel, cassant les couilles de tout le monde à propos de ce qu'il aurait ou n'aurait pas dit dans son théorème. Mais tu me sembles quelqu'un avec qui il était possible de parler, dans un passé pas très lointain. C'est dommage que la vieillesse t'ait rattrapé avec tant de vitesse.
Pirenópolis, Goiás, le 5 octobre 2001
10/5/2001 09:06:43
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Message #: 0006 from Anarstrige du coulée / Reply To #: 9800 / Réponse
Je ne veux
plus jamais
rien lire de ma vie.
Les livres ?
Je m´en fiche, des livres !
Maïakovski (Le nuage en pantalon)
Avant de répondre directement à tes commentaires et pour ne pas réduire cette réponse à une contre-attaque linéaire, je vais essayer d´expliquer le sens de mon raisonnement - que sous-tendait déjà le texte Ad usum homo contestataire - parce que j´estime que tu ne l´as pas convenablement interprété.
Les adeptes du dépassement pour le dépassement sont nombreux. S´ils se chamaillent régulièrement, c´est justement pour justifier en retour l´existence de leur critique. Tu as raison de dénigrer cette idéologie du dépassement qui paraît à la plupart des anciens comme des nouveaux lecteurs de Debord une posture intellectuelle confortable. Ils ont tort de maintenir cette posture pour la bonne et simple raison qu´évoquait Curnier dans son Manifeste: La théorie debordienne est la seule sans doute qui se soit gardée si efficacement de toute postérité possible en se niant par accomplissement dans le destin de son auteur". C´est cette originalité particulière que les adeptes du dépassement de la théorie debordienne (ainsi que ses piètres avatars) ne veulent ou ne peuvent comprendre. Le concept majeur de la théorie debordienne est sans aucun doute le spectacle et c´est peut-être ce concept insuffisant que recherchent inconsciemment les adeptes du dépassement. Il n´y a plus rien à attendre des écrits révolutionnaires - devenus inopérants -, la réification du prolétariat analysée par Lukacs (in Histoire et conscience de classe) est certainement la principale raison structurelle de cet état de fait.
Le prolétariat apparaît comme le produit de l´ordre social capitaliste. Ses formes d´existence sont ainsi faites que la réification doit nécessairement s´y exprimer de la façon la plus marquante et la plus pénétrante, en produisant la déshumanisation la plus profonde. Le prolétariat partage donc avec la bourgeoisie la réification de toutes les manifestations de la vie. Marx dit : La classe possédante et la classe du prolétariat présentent la même aliénation de soi de l´homme. La première classe se sent cependant à l´aise dans cette aliénation de soi et s´y sent confirmée, elle sait que l´aliénation est sa propre puissance et possède en celle-ci l´apparence d´une existence humaine ; la seconde se sent anéantie par l´aliénation, y aperçoit son IMPUISSANCE et la réalité d´une existence inhumaine.
Lukacs (Histoire et conscience de classe).
Depuis cette remarque de Marx, la situation n'a guère évolué, si ce n´est qu´entre temps la pensée de Marx a été travestie par des mensonges révolutionnaires mortifères et le spectacle dans son acceptation debordienne est devenu, pour reprendre une formule de A. Jappe (in Guy Debord) le stade suprême de l´abstraction". Sur la critique révolutionnaire des rapports de domination ainsi que sur les méthodes avec lesquelles on doit la mener tout a été dit, il manque peut-être encore quelques détails concernant les méthodes. Voilà pourquoi in girum imus nocte et consumimur igni. Le recyclage permanent des théories révolutionnaires continue d´atrophier les prémisses dune "prise de conscience révolutionnaire". Cette prise de conscience révolutionnaire doit commencer par une remise en cause totale de la logique marchande et doit se caractériser, in fine, par une critique métaphysique. Mais avant de s´engager dans une telle critique je pense que depuis la fin des années 60 le seul débat qui mérite d´être amorcé, à mon sens, c´est le débat sur l´articulation de la théorie et de la pratique. J´ai bien essayé d´entreprendre ce débat à la suite du texte La bonne pensée officieuse avec le pseudo-Aristote qui, je croyais, en était l´auteur mais on (je ne sais toujours pas qui) m´a fait comprendre que ce texte provenait de l´O.T. qui bizarrement ne souhaite toujours pas intervenir sur ce forum. Par conséquent, ce qu´il faut comprendre quand on a comme toi la belle ambition de nuire à ce monde c´est que le seul moyen de vérifier l´efficacité d´une théorie sociale, a fortiori révolutionnaire, est de tout mettre en oeuvre pour la faire corroborer à la pratique. En d´autres termes il s´agit d´énoncer clairement les possibilités pratiques de la pensée radicale et non pas de contempler l´intransigeance critique c´est-à-dire de commenter la pensée radicale. Le jour où les post-situs auront compris ceci on aura déjà fait un grand pas. Car comme le dit Schopenhauer: C´est peut-être vrai en théorie, mais en pratique c´est faux. Grâce à ce sophisme, on admet les fondements tout en rejetant les conséquences; en contradiction avec la règle a ratione ad rationatum valet consequentia (la conséquence tirée de la raison première valide le raisonnement). Cette affirmation pose une impossibilité: ce qui est juste en théorie doit aussi l´être en pratique; si ce n´est pas le cas, c´est qu´il y a une erreur dans la théorie, qu´on a omis quelque chose, qu´on ne l´a pas fait entrer en ligne de compte ; par conséquent, c´est également faux en théorie. Schopenhauer (L´art d´avoir toujours raison - stratagème 33)
En outre, j´ajouterai que ce problème a conduit, quoi qu´ait pu en dire Debord et ses disciples à la véritable scission de l´Internationale situationniste. En 1966 à la VII conférence de l´I.S., Vaneigem a essayé de centrer le débat sur ce problème. Debord en fait état à plusieurs reprises dans La véritable scission dans l´Internationale sans répondre directement à ces arguments mais en renvoyant savamment la faute sur ce malheureux Vaneigem. Quand Vaneigem dit que La théorie n´est pas saisie radicalement tant qu´elle n´est pas expérimentée, Debord rétorque que l´I.S. a été dans le mouvement des occupations. Occupations de mes couilles ... Aucun affrontement digne de ce nom, aucun mort... les mêmes occupants ont aujourd´hui quasiment tous répondu aux exigences de Madame Capital. Ils étaient tous assoiffés de réussite sociale, à la manière des pro-situs que Debord comparait aux cadres: Le pro-situ, naturellement, ne peut dédaigner les biens économiques dont dispose le cadre, puisque toute sa vie quotidienne est orientée par les mêmes goûts. Il est révolutionnaire en ceci qu´il voudrait les avoir sans travailler.
Debord n´a pas osé, sûrement par peur, tirer toutes les conclusions de ses réflexions révolutionnaires et pour cette raison ne s´est jamais risqué à se prononcer précisément sur l´articulation de la théorie et la pratique.
En attendant quelque improbable grand soir, je me tiendrai à cette idée de justice immédiate. Le patron exploite, le marchand réifie, le publicitaire abrutit, le dirigeant politique ment impunément et pour boucler la boucle les forces de lordre, par la répression, maintiennent les structures de Babylone. Inutile de pleurnicher, de s´indigner, de réclamer justice dans les médias, de pétitionner, de se joindre ou de créer un syndicat ou même de faire un appel à l´action. Le patron exploite et bien c´est très simple, boum !... une bonne bastos dans la tête et il n´exploite plus personne. Le même traitement peut s´appliquer partout dans le monde à toutes les races de fils-de-putes. C´est comme cela qu´il faut parler aux pauvres, aux prolétaires, aux esclaves, aux spectateurs (ici le vocable na pas une grande importance)... si vous voulez être libres soyez froids et sanglants et n´ayez crainte la poésie suivra! L´incitation à la pratique sera notre poésie, rions dangereusement. La prose de Jimmy Gladiator (in la Crécelle Noire) est sur ce point parfaitement appropriée: Oui, nous aimons la violence, pulsion naturelle, hygiénique et hédonique : nous sommes des fanatiques. Nous aimons Baader, parce qu´il n´a jamais tiré dans le tas. Non pas Baader, l´assassiné, mais Baader, parce que Baader, parce que la RFA, pour la rigoureuse jonction en lui du Quotidien et de l´Absolu, du matériel et de l´idéal : oui aux balles dans la peau des juges, des flics, des patrons, des zéros-héros de bibliothèque (n´y manquent que les curés) ; oui au plasticage des ordinateurs yankees ; oui à l´Action Directe ; oui - et nul Allende, nul Dubcek, nul Lamartine ne nous feront démordre - à la lutte armée, quand il le faudra. (...) Non, l´écrit n´est pas révolutionnaire, en tant que tel ! (...) Merde à l´Écriture, vive la Poésie, vive la Révolution, vive l´Anarchie ! (Jimmy Gladiator, Nous sommes des fanatiques, La Crécelle Noire, 1979).
J´espère que maintenant tu comprends un peu mieux le sens de mon raisonnement. À présent, je vais donc prendre le temps de commenter et de répondre aux questions et aux critiques qui valent - malgré ces précisions - encore la peine dêtre traitées.
Tu me demandes bêtement : sur quelle réalité devrais-je reposer mon appel à l´action, sauf la nécessité que j´estime être imposée par le moment, pour que ce ne soit pas une tartufferie ? C´est très simple, sur la réalité démontrable de ton engagement ou si tu préfères sur un contexte qui t´accorderait une certaine prise sur les évènements, ce n´est manifestement pas le cas. C´est ta crédibilité qui fait défaut, en lançant cet appel tu ne prends strictement aucun risque, tu sais pertinemment qu´il n´a aucune chance d´aboutir et donc de se traduire dans la pratique.
Tu n´as aussi pas honte de me demander Quels sont les exemples internationaux d´utilisation réellement révolutionnaire du terrorisme ? Dans un premier temps je te ferai remarquer que terrorisme est mis entre guillemet pour la raison évidente que ce que certains appellent terrorisme est pour d´autres une lutte armée de résistance. L´oppressé qui prend part à une lutte de libération n´est pas un terroriste mais un résistant. Dans notre histoire contemporaine les exemples ne manquent pas : Les rêveurs de l´absolu qui ont joué un rôle déterminant en Russie à la fin du XIXème et ont poussé aux révolutions de 1917 ; les anarchistes français de la fin du XIXème ; toujours en France, les francs-tireurs partisans de la Seconde Guerre Mondiale ; sans parler des anarchistes espagnols trahis par les contres-révolutionnaires staliniens ou encore les innombrables factions néo-marxistes dAmérique Latine et dAfrique plus ou moins manipulés. Les exemples internationaux d´utilisation réellement révolutionnaire du terrorisme sont donc très nombreux et sils ne parviennent pas toujours à atteindre leurs objectifs cela n'enlève rien au mérite révolutionnaire de leurs combats. Les groupuscules armés qui ont fleuri après 68 peuvent aussi revendiquer cette appellation même si on a pu s´apercevoir que certains ont été directement instrumentés par leur État et que leur échec (si on se réfère à leur objectif) est sans appel. Aujourd´hui certaines franges de l´E.T.A. ou du F.P.L.P. mènent encore une lutte tout à fait louable quont peut qualifier, même si elle est désespérée, de révolutionnaire. Je ne me prononcerai pas sur l´Amérique Latine étant donné que les principales informations dont je puis disposer concernant la lutte armée sur ce continent proviennent du Monde Diplomatique.
Plus loin tu t´offusques : Il faut en finir avec ce sarcasme complaisant sur les fils-de-putes qui seraient morts dans le W.T.C. et tu affirmes que la plupart de ceux qui y étaient au moment de l´attentat étaient des employés subalternes ou même des pauvres diables cucarachas des services de nettoyage". Je suis surpris de découvrir que le W.T.C., symbole international du capitalisme arrogant, abritait - en majorité - entre 9H et 10H des employés subalternes ou même des pauvres diables cucarachas des services de nettoyage. Je serai curieux de savoir d´ou tu tiens cette information pour le moins surprenante?
Dans Le Reichstag brûle à nouveau tu lies historiquement l´attaque contre le W.T.C. à l´incendie du Reichstag et à la bombe de la Piazza Fontana à Milan qui étaient tous deux le fruit de la conspiration endogène du pouvoir en place ou du pouvoir qui sinstalle. De surcroît, toujours dans ce texte, tu avances que la société dans laquelle nous devons vivre (...) est capable de n´importe quelle vilenie, qu´elle n´hésitera devant rien pour atteindre ses buts laissant ainsi supposer que l´on vient d´assister à une conspiration endogène du pouvoir de cette même société. L´incendie du Reichstag comme chacun le sait a été l´uvre des Nazis, quant à l´attentat de la Piazza Fontana perpétré le 12/12/69, occasionnant la mort de 17 personnes, on sait désormais qu´on peut l´attribuer avec certitude aux services secrets italiens et non aux anarchistes qui ont été les premiers montrés du doigt. Alors quand tu me réponds Nulle part j´ai dit que l´attentat contre le W.T.C. serait l´uvre du CIA ou du Mossad je ris doucement, même la fiotte qui signe *** s´est aperçue de la supercherie, et c´est pas ton nouvel appel au spectacle qui effacera cette contradiction. Le spectacle produit lui-même les évènements dont il a besoin allez hop l´affaire est dans le sac ... Je ne compte pas ouvrir ici le débat interMINABLE sur l´existence du spectacle, il me semble d´ailleurs que tu l´as déjà ouvert avec un certain Voyer, je vais juste préciser une évidence. Ce qui compte c´est ce que l´on impute au spectacle. Il est vrai que le concept de spectacle est un concept fourre-tout et incontestablement abstrait. Non moi ce qui m´intéresse, par exemple, c´est la définition que donne Debord du spectaculaire intégré: le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel.
Ca c´est concret, chaque jour les évènements - ou les non-évènements - nous le confirment. À coté de ça, dans la théorie debordienne, la formule gouvernement du spectacle fait, au mieux, figure d´agrément.
Tu termines ta réponse en te citant toi-même, ce qui dénote généralement d´une souffrance dû à un manque de reconnaissance. Et si on lit attentivement ta citation on s´aperçoit que ta souffrance a des causes plus vastes. Ce monde est bien celui de l´aliénation du monde et l´on ne le vit qu´à travers l´aliénation (...) il faut considérer le monde et l´homme non à partir de la misère, mais de l´absence totale et absolue de richesse. On peut se demander pourquoi tu t´enfermes derrière ces inepties, dictées par on ne sait quel Kominform debordiste, mais tu apportes toi-même la réponse que je résumerai de la sorte : le rejet catégorique du MOI caché derrière le rejet catégorique du solipsisme et enfin la peur de l´indicible caché derrière la peur du mysticisme. J´imagine que tu fais partie des positivistes qui jugent mystique et peut-être même contre-révolutionnaire la théorie de l´aura de W.Benjamin. Tu te tiens quand même à une certaine cohérence puisque tu veux nuire à ce monde et pour se faire évidemment tu penses qu´il faut annihiler la misère en en faisant la publicité. Cette publicité a déjà été faîte en long, en large, en travers, en détournement ... et il faut bien avouer qu´elle n´a pas affaibli la domination marchande.
Résumons. Entre deux conneries tu places parfois une idée généreuse ou une bonne observation mais au total tes approximations et tes contradictions occupent la majeure partie de ton discours. Tu es l´archétype du debordiste maladroit et néanmoins sincère.
Je sais que tu te fous solennellement de ce qu´a pu penser et dire Debord en 1993 mais je ne peux pas m´empêcher de te rapporter cette petite perle significative (si tu ne l´as pas encore lue elle devrait te surprendre) : Je n´ai pas eu la vaine prétention abstraite de sauver le monde. Les vieux révolutionnaires alcooliques sur le déclin lâchent parfois des confessions étonnantes!
Tu voudrais qu´on atteigne la vie pleine, mais pour atteindre un objectif il faut d´abord savoir le définir. Dans ta citation je ne vois aucune définition de vie pleine. En admettant que ce monde est à la merci d´une indiscrétion et que les spectateurs se soulèvent que se passera-t-il après la révolte ? A petite échelle, l´actualité nous offre une belle analogie de cette situation, les spectateurs algériens envahissant le Stade de France courent dans tous les sens comme des cons (on les croirait perdus au cur de la représentation de leur propre aliénation, des hystériques qui ne savent plus comment réclamer de laide) et font ainsi la démonstration qu´ils ne dépasseront jamais leur misérable statut de spectateur. Au prochain match et à la demande générale on augmentera le nombre de surveillants. Gébé, dans l´An 01, propose pour consacrer la fin de la propriété qu´on collectionne des clefs... c´est à se demander s´il ne vaut pas mieux dériver dans un stade ! J´aime défoncer les vitrines des banques et des concessionnaires de toutes sortes, allumer les C.R.S. et autres fils-de-putes et, chaque fois que l´occasion se présente, je la saisis avec entrain. Mais l´idée selon laquelle la seule richesse possible est la révolte elle-même n´est pas convaincante, elle me rappelle le précepte creux qui dit qu´ après la révolution il y a... la révolution... La révolution réduite à sa dimension d´émeute ne suffit pas a résorber la misère. Ce truisme ne sera jamais suffisamment rappelé.
Pour finir je vais te fournir quelques éléments que je juge sérieux dans l´optique d´un éventuel assaut contre la domination marchande. Si on veut définitivement renverser la civilisation marchande il faut s´attaquer à ses fondements, à ses défenseurs acharnés (de moins en moins nombreux), à ses valeurs, à sa science bref à tout ce qui la tient encore debout. Sans le démantèlement exhaustif du rationalisme marchand qui est son socle idéologique fondamental il ne peut y avoir d´alternative durable à cette civilisation. Pour ce qui est de la science Bounan note justement dans son dernier ouvrage: La science actuelle est édifiée sur la seule valeur quantitative des nombres et sur sa propre séparation d´avec la réalité vécue. Elle a conduit aux résultats que nous connaissons, au monde qui nous entoure et nous pénètre maintenant, à ses surgénérateurs et à ses satellites de télécommunications, à ses xénogreffes expérimentales et à ses brebis clonées. (...) Fondée sur la négation préalable du sujet vivant, elle a permis d´édifier un monde d´où l´homme s´est bientôt trouvé exproprié. Bounan (Sans valeur marchande, 2000)
On engagera un tel renversement, dans les conditions actuelles de notre organisation sociale, qu´en ayant bien intégré le fait que le sens de la destruction cher à Voline est le seul chemin qui y mène :
On me dit encore que la destruction est un facteur défavorable?
Je réplique, primo, que les événements (...) prouvent le contraire. Secundo, que tout dépend du caractère et des cadres de la destruction. J´estime qu´une destruction allant jusqu´au bout, une destruction continue, implacable, complète et sans quartier (...) mènera infailliblement à la révolution désirée et pleinement fructueuse. Le reste s´y joindra. (...) La destruction est nécessaire pour bouleverser de fond en comble la mare stagnante de la vie routinière et la transformer en océan tempétueux devant expulser de son sein toute la pourriture accumulée DEPUIS DES MILLENAIRES et laisser le champ libre pour l´édification d´une vie nouvelle. Voline (Le Sens de la destruction, 1923)
Il me reste à préciser que je ne te méprise pas et que ma réponse avait simplement pour objet de réaffirmer et d´expliquer pourquoi je ne partage pas ton analyse et les convictions qui l´accompagnent sur les évènements spectaculaires qui viennent de se produire. J´ajouterai que si tu as vraiment enduré la prison et que tu penses que ta lutte pourrait encore t´y envoyer alors tu peux recevoir les sentiments de ma parfaite considération.
Sincèrement
NB: Je doute que tu aies 22 ans !
10/7/2001 17:14:22
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Message #: 4275 from Anonymous / Reply To #: 9800 / Anti-intellectualisme contemporain
"J'ai dit voilà plus de trois ans que je ne veux pas être un théoricien. Tout ce que je veux, c'est avoir un minimum de compréhension de ce qui se passe". Pour ne pas être théoricien c'est gagné ... Et pour le minimum de compréhension en te lisant on peut penser que tu es un homme heureux tous tes souhaits se réalisent ...
" Les deux mille personnes de courage qui sont descendues dans les rues de Washington le 17 septembre, en plein milieu de l'hystérie militariste, pour protester contre la guerre, le terrorisme et *la propriété* ne sont certainement pas des parfaits théoriciens hyper-ultra-post-situationnistes qui ont dépassé tout le monde, mais elles ne sont pas non plus pauvres de moyens".
"Il est tout de même étonnant qu'après avoir avoir diabolisés les talibans les pacifistes s'indignent qu'on aille leur casser la gueule. On peut me semble-t-il s'indigner que l'état américain fasse les choses à notre place mais de là à s'indigner qu'il le fasse. Pourquoi pas non plus regretter que Milosevic passe en justice?"
"Le spectacle ne peut plus tolérer *aucune* opposition qui ne soit pas choisie par lui" Bla..bla..bla.. le gauchiste assagi Bueno s'imagine que son maître est tout puissant et il essaie de communiquer sa peur. La théorie du complot chez Debord ne fut developpée qu'après 68 pour justifier son ralliement à Gallimard. C'est une vision de vaincus qui au lieu de s'attribuer leur défaite invoque la toute fantasmatique puissance de leur adversaire.
".. comme je n'ai pas fait attention à tous ceux qui pendant des semaines ont débité des conneries plus ou moins mystiques sur Gödel, cassant les couilles de tout le monde à propos de ce qu'il aurait ou n'aurait pas dit dans son théorème."
Et il vante de son anti-intellectualisme.
"C'est dommage que la vieillesse t'ait rattrapé avec tant de vitesse."
Les anciens combattants regrettent le bon vieux temps ou la bière avait le gout de la bière et ou les révolutionnaires n'étaient pas trafiqués et pourquoi pas John Lennon ...
10/5/2001 21:32:38
Message #: 7808 from Tomás Bueno / Reply To #: 4275 / J'ai changé d'avis
T'es un con complet et sans espoir.
1. Les gens dont je parlais n'étaient pas des pacifistes. La bannière sous laquelles ils ont marché à Washington le 17 septembre disait: "Against war, terrorism and property". Veux tu que je te traduise ça?
2. Ce n'est pas moi qui a peur d'eux, pauvre idiot. C'est eux qui ont peur de moi. (Ici, il vaut mieux tout expliquer à l'imbécile: pas "moi", Tomás Bueno, mais "nous"; mais je ne voulais pas t'inclure dans ce collectif). S'ils n'avaient pas peur de "moi", ils n'auraient pas besoin de se lancer dans une opération aussi risquée. Tout allait bien, n'est-ce pas?
10/8/2001 14:54:41
Message #: 6190 from Anonymous / Reply To #: 7808 / Re: J'ai changé d'avis
Toi pour le connerie tu as de l'avenir d'ailleurs tu as toutes les chances de passer à la postérité grâce à Voyer et à sa désormais célèbre réponse à Bueno. Imagine que dans 5O ans des tas de gens s'esclafferont comme nous actuellement qui te lisont. Ces braves gens futurs ne connaîtront ni les conneries de Lucarno, ni celles d'Anarstring mais celles en tout point semblables de Mister Bueno - con à jamais. Donc tes insultes me font bien rire qu'un connard illustre désormais (et oui) me traite de con et je me dis que je suis sur le bon chemin. La prison contrairement à ce que pense l'admirateur des staliniens FTP Anarflic n'est une garantie de quoi que ce soit. D'ailleurs j'aimerais savoir les motifs de ton inculpation. Quant on cause - personne ne t'avait rien demandé - faut aller jusqu'au bout et là-dessus tu n'as rien dit ...
Pour répondre à ta réponse je remarque encore une fois que tu es fâché avec la plus simple logique "tes pacifistes ne sont pas pacifistes bien qu'ils soient contre la guerre" comprenne qui peut "Les gens dont je parlais n'étaient pas des pacifistes" "La bannière sous laquelles ils ont marché à Washington le 17 septembre disait: "Against war," .
Je n'ai rien contre les pacifistes, j'admirais beaucoup les déserteurs lors de la guerre Vietnam ou dernièrement les Algériens qui refusent d'aller se battre contre la guérilla mais je déteste ceux qui étaient pacifistes sous Hitler. Pour l'affaire Ben Laden, on ne demande à personne de faire la guerre , on nous demande simplement de savoir si l'on trouve réjouissant de voir rosser un curé sanguinaire et milliardaire. Pourquoi irai-je protester contre une action qui vise des gens que je déteste- la fin des talibans et de leur islamisme hollywoodien. Quant à la seconde partie de ta réponse, je n'y ai rien compris ...
10/9/2001 14:11:46
Message #: 2083 from Anarstrige du coulée / Reply To #: 6190 / Re: J'ai changé d'avis
Je n´ai reçu aucune formation qui me permet de répondre aux débiles de ton espèce. En effet ton ignorance n´incite guère à une quelconque réponse mais comme je le ferai pour n´importe quel autre intervenant qui me taxerait (en essayant de jouer sur une calomnie) de je ne sais quel attribut honteux (Flic est le dernier en date) je répondrai brièvement à ta dernière crasse : l'admirateur des staliniens FTP Anarflic.
Sache que quand je classe les Francs Tireurs Partisans parmi les terroristes révolutionnaires tout à fait respectables et utiles à la dignité humaine et donc à la révolution, je parle exclusivement des très nombreux dissidents à la ligne stalinienne, bref les seuls qui méritent, à mon sens, l´appellation de FRANC-TIREUR. Ces nombreuses dissidences ont d´ailleurs contraint les dirigeants staliniens à dénoncer aux nazis les authentiques Francs-tireurs. Pour t´en convaincre je te renverrai à la sombre affaire Iltis.
Bien à toi pauvre ignare mimétique.
10/10/2001 06:33:58
Message #: 4933 from Anonymous / Reply To #: 2083 / Se corrige toujours ...
Si je comprends bien tu classes des staliniens dans la catégorie des gens tout à fait respectables - tu n'es pas dégoûté.
Tu aimes les islamistes, tu aimes les staliniens (du moins leur dissidents), de quoi te plains-tu? Suffit-il d'être respectable pour être respecté. De nombreux ennemis sont tout à fait respectables SOLTJENITSYNE par exemple sans que je le classe dans mon camp. Mais je ne méprise pas mes ennemis, au contraire, seulement je me bats pour quelque chose de bien différent de la "dignité humaine". Les chrétiens ont eu leur dissidence , les nazis eux-mêmes autant que les communistes mais quelle idée as-tu de l'humanité pour vouloir sauvegarder ce que tu appelles la dignité humaine que toi seul nie, ici, d'ailleurs. La dignité humaine que tu aimes est justement tellement répandue partout qu'elle est l'humanité réduite à l'impuissance, cocu mais digne. Ce minimum d'humanité est la tarte à la crème de l'économie politique et des ONG. Un stalinien dissident reste un stalinien (même à visage humain) c'est à dire une crevure ... Mais tu peux penser le contraire, ne te réclame pas toutefois de la subversion ... D'ailleurs je crois que cela devient pour toi de plus en plus dur. La pose nihiliste ne peut cacher le conformisme réel.
10/10/2001 14:28:50
Message #: 6363 from Tomás Bueno / Reply To #: 4933 / Tu me fatigues, Ben-Azigues
Va voir si je suis au coin, veux-tu? J'ai des choses plus importantes à faire, et j'ai déjà dit que t'es sans espoir.
10/9/2001 14:40:30
Message #: 9466 from Ben-azigues / Reply To #: 6363 / Content de te fatiguer FC
Je vois que monsieur ne veut pas expliquer entre autres le sujet de sa prison ... Mais ma vieille tu ne poursuis pas une correspondance personnelle. Sur un forum on s'expose pour le meilleur et pour le pire et dans ton cas c'est pour le pire et ce n'est pas à toi que je parle - impuissant vermisseau - mais à ce que tu représentes si tu ne veux pas être apostrophé ne répond pas (comme Debord et Lebovici à Voyer) ou alors laisse ton e-mail et fous le camp. Pour ta subvertisité on t'a vu avec L'OT ... mais tu ne veux certainement pas décourager le vieux Anarstring - entre nous jouer aux nihilistes à 2O ans on comprends mais à 4O et plus y'a plus que des ben Laden mais eux vont au charbon ou à l'anthrax. C'est pas comme ces paresseux prositus.
Pour finir je n'ai rien à voir avec Ben Aziz sinon qu'on t'emmerde tous les deux apparemment. Quand on joue aux Censor faut pas se gourer sinon on à l'air d'un con - mais le mal est déjà fait.
10/9/2001 23:17:40
Message #: 4265 from *** / Reply To #: 9466 / Re: Content de te fatiguer FC
Il arrive des choses pour Bueno, mais il n'entreprend rien. D'après son autobiographie "Mes prisons",on n'entend que les cliquetis des clefs des matons. Rien de ses faits et gestes!
Ce Bueno ressemble au peuple juif qui, pendant des siècles, n'avait absolument rien entrepris par soi-même et blamait ses oppresseurs .
Ne vous fatiguez pas avec ce triste personnage.Il a toutefois un alibi: il est un digne lecteur de Debord.
10/10/2001 12:37:35
Message #: 4650 from Anonymous / Reply To #: 4265 / D'accord mais ...
Tout à fait d'accord en ce qui concerne Bueno mais la comparaison avec le peuple juif me semble inexacte. Les juifs occupent une place éminente dans la révolte, Bueno n'a rien fait de semblable au contraire il déteste la révolte, voir sa polémique avec Voyer.Je ne vois pas le rapprochement que vous faites avec les juifs, n'étant pas expert en histoires juives j'aimerais que vous me décriviez leurs siécles de passivité. Pour ce que je sais, ceux- ci n'ont pas excellés que dans le commerce mais aussi dans la contestation de celui-ci ... Ce qui me semble dialectique. Je ne me fatigue pas avec Bueno mais je trouve outré que celui-ci se réclame même de Debord. Il régresse (c'est peu dire) par rapport à celui-ci, les analyses de l'IS sur la question palestinienne (dont Debord était le principal animateur) sont tout de même d'une autre nature que celles de Bueno et son gauchisme bobo ...
10/10/2001 13:41:40
Message #: 4995 from *** / Reply To #: 4650 / Re: D'accord mais ...
L'attente du Messie qui va délivrer le peuple juif est bien claire. Je ne parle pas de la véracité des mythes, une discussion buenesque, mais de l'idée que se fait un peuple de soi-même; cette idée, ces mythes,avaient façonné le peuple juif. Ne rien entreprendre contre les opresseurs ou presque et attendre la venue du Messie.
Les historiens juifs ou pro-juifs s'efforcent en vain et en tordant le coup aux faits historiques de trouver des faits de révolte, le cas le plus flagrant est Massada . Les fouilles archéologiques accréditent la thèse d'une révolte des brigands, donc des commerçants: une activité toute profane.
Bueno est incapable de voir la fantastique révolte dans l'attaque du Pentagone et du WTC, il répète comme un perroquet: spectacle, services secrets. Pour se consoler, il nous invite à l'action!
Merde alors! Et qu'avaient fait ces valeureux Arabes des deux tours new-yorkaises et du nid de vipères de Washington? Toutes les guerres sont contre-révolutionnaires à l'exception de la guerre civile disaient à juste titre les situationnistes. C'est ce qu'avait tenté de faire les Palestiniens à Gaza lundi en se retournant contre la police d'Arafat: attaquer ceux qui les accablent sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Pour caricaturer, on pourrait dire que la révolte aurait été pour lui: des kamikazes attaquant les studios de Hollywood ou CNN en citant les thèses de Debord. Ce qui est prendre Debord et les gens pour des imbéciles. Il est plus religieux que les kamikazes qui eux avaient "finitisé" Allah pour des fins terrestres.
10/10/2001 14:39:14
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Message #: 2330 from Anonymous / Reply To #: 4995 / Re: Pas d'accord ...
Première nouvelle, un peuple qu´est ce que ça veut dire un peuple - se fait une idée de lui-même à travers ses mythes. Evidemment c´est une drôle d´idée, ne serait-ce pas plutôt des idées qu´on lui fait prendre pour son Histoire, depuis quand les peuples écrivent-ils leur propre histoire, depuis quand voit-on des pauvres prendre la plume. Chez les juifs comme partout les mythes sont le fait des propriétaires de ce peuple et des idées que ces propriétaires se font de leurs sujets. Le mot peuple recouvre généralement un ensemble qu´on voudrait présenter comme unifié, sans antagonisme, sans lutte le mot peuple est à lui-même un mythe. Que les juifs aient attendu un Messie, ils ne sont pas les seuls, les chrétiens, les communistes, les islamistes attendent eux aussi leur récompense dans un au-delà mais ces mythes cachent la situation réelle, ce ne sont que les pauvres qui attendent. Les riches eux possèdent réellement.
Ce n´est pas parce que leurs mythes les incitaient à la passivité que les juifs furent passifs, au contraire ils furent toujours très actifs et par leur riches et par leurs pauvres oubliez- vous Marx par exemple ou la place éminente des juifs ouvriers dans la révolution russe. L´antisémitisme a existé justement parce que les juifs bouleversaient la société de fond en comble et il n´existe plus parce que le principe des juifs riches a triomphé .
Que vous qualifiez l´attaque du WTC comme une fantastique « révolte», il faudrait souligner une fantastique révolte des propriétaires arabes c´est peut-être celle-là que vous entendez. Cette révolte est en fait un contre-feux lancé par les capitalistes arabes pour essayer de récupérer la révolte des prolétaires arabes qui les menacent. La fascination de la richesse américaine doit être combattue chez les masses, le Dieu musulman doit apprendre à cohabiter avec le dieu Argent, les propriétaire arabes doivent démocratiser leur pouvoir et ils ne le peuvent même pas. Dans ces attentats, pas un prolétaire, pas une seule personne parlant en son nom que des curés, des étudiants en théologie, des milliardaires saoudiens, des contre-révolutionnaires irakiens. Voyez vous Durutti égorger des hotesses de l´air en récitant des sourates, tuer des employés de bureau? S´il n´y avait eu que le Pentagone, l´impression n´aurait pas été la même. C´est la guerre. Mais que des pauvres types précipitent des avions bourrés de gens innocents, sur des immeubles remplis d´employés désignés comme ennemis simplement parce qu´ils ne sont pas du même peuple. Cette « révolte » est effectivement fantastique car elle démontre que bien qu´ayant écrasé les révolutions iraniennes et palestiniennes, les propriétaires arabes doivent fournir un équivalent qui fassent oublier leur triste réalité contre-révolutionnaire. L´action entreprise pas les américano-occidentaux est effectivement elle aussi une contre-révolution capitaliste, ils vont devoir contraindre les classes dominantes arabes à se moderniser (tâche quasi- impossible), à se "droit- de- l´hommiser" quitte à lâcher Israël, fausse patrie des juifs.
10/12/2001 14:48:21
Message #: 9384 from *** / Reply To #: 2330 / Re: Pas D'accord ...
Faites gaffe Monsieur, "Marianne" va vous accuser de plagiat!
10/13/2001 10:02:2
Message #: 0422 from Anonymous / Reply To #: 9384 / Re: Pas D'accord du tout
Tout de même , pas ça...Vous blaguez, mon cher. Tout... mais pas ça. Pourquoi pas un allié objectif de la réaction ...
Il est vrai que pour un néo-nihiliste dans la nuit de sa pensée, toutes les vaches sont grises ...
10/13/2001 13:08:8
Message #: 5545 from Anarstrige du coulée / Reply To #: 0422 / Rectification nécessaire
***,
Je retire l'insulte que je t'ai adressée dans ma dernière réponse à Bueno pour la bonne et simple raison que je t'ai pris pour un autre.
Concernant le WTC je suis content de voir que ton analyse est assez proche de la mienne ...
En revanche, je trouve que ton analyse de la fameuse "passivité du juif" est un peu caricaturale. Dans le ghetto de Varsovie, beaucoup de juifs n'ont pas attendu le Messie!
On pourra peut-être en rediscuter plus tard ... Je n'ai pas trop le temps en ce moment.
Cordialement
10/10/2001 16:10:50
Message #: 3776 from Tomás Rosa Bueno / Reply To #: 5545 / Vous me décevez, M. du Coulée
Et penser que j'ai perdu mon temps à discuter avec un allié de ***.
Enfin, pas exactement perdu, parce que, comme on m'a dit en particulier, beaucoup d'idiots s'identifient aux idioties que vous avez dit, et c'est bien de ne pas laisser passer une occasion d'insulter plusieurs idiots à la fois.
Allez-y, M. du Coulée, vous avez les amis que vous méritez. Vous ferez belle carrière.
10/18/2001 13:42:43
Message #: 0127 from *** / Reply To #: 9800 / LE TARTUFFE DANS LA VITRINE
"Le Reichstag n'a pas besoin de la main nazie pour brûler, surtout pas de nos jours. Le spectacle produit lui-même les événements dont il a besoin, bien sûr, je l'ai dit moi-même plus d'une fois; mais pour ça il a besoin d'exécutants ..."
Et en plus ce Bueno prétend qu'il n'est pas conspirationniste.
A la prochaine attaque, tu finiras par discuter sur le sexe des kamikazes.
10/5/2001 10:01:17
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